Anthropic signe un protocole d’accord avec Canberra : partage d’Indice économique, évaluations de sécurité, recherche avec les unive...
Canberra franchit une nouvelle étape. Mardi, Dario Amodei a signé un protocole avec le gouvernement australien, juste après sa rencontre avec Anthony Albanese et Jim Chalmers. Ce premier accord du plan national sur l’IA vise à renforcer la coopération sur la sécurité et l’impact économique de l’IA.
Anthropic s’engage à livrer l’Indice économique, qui suit l’usage de l’IA, ses effets sur l’emploi et les métiers. Canberra gagne ainsi un tableau de bord inédit pour ses politiques, pendant qu’Amodei présente ce partenariat comme un exemple de gouvernance éthique.
Contenu concret du protocole
Le texte signé prévoit plusieurs volets :
- des évaluations conjointes de la sécurité des systèmes Anthropic, conduites avec l’AI Safety Institute australien,
- des programmes de recherche conjoints avec l’ANU, Curtin, le Garvan Institute et le Murdoch Children’s Research Institute, avec Claude appliqué à la santé, la bioinformatique et la traduction de données scientifiques,
- des investissements dans les infrastructures de centres de données locaux et la montée en puissance du développement énergétique associé,
- l’intégration de Claude dans des cursus universitaires et des initiatives de formation, accompagnée d’un partage de données sur l’impact économique de l’IA.
Le gouvernement souligne que l’accord lie directement la société américaine à ses priorités : souveraineté numérique, montée en compétences des travailleurs et développement de l’infrastructure physique. L’Indice économique d’Anthropic, qui indique aujourd’hui une légère inflexion dans le recrutement des jeunes professionnels, servira de thermomètre pour ces efforts.
Une expansion menée en parallèle
Cette signature intervient pendant un mois d’expansion rapide : Anthropic vient d’annoncer l’ouverture d’un bureau à Sydney, son quatrième dans la région Asie-Pacifique après Tokyo, Bengaluru et Séoul. Le pays figure désormais au quatrième rang mondial pour l’usage de Claude.ai par habitant, derrière les États-Unis, et l’entreprise cite une demande forte des secteurs bancaires, AgTech et santé.
Amodei explique que l’Australie correspond à sa conviction : « les démocraties doivent rester aux commandes du développement de l’IA », et il explore des partenariats pour renforcer la capacité de calcul locale via des opérateurs tiers. Ce momentum coïncide avec des discussions sur les centres de données et un leadership régional dans l’IA responsable.
Un contexte géopolitique agité
Cette visite survient alors qu’Anthropic rappelle ses distances avec le Pentagone : début mars, le département américain de la Défense l’a qualifiée de « risque pour la chaîne d’approvisionnement » sur un contrat militaire, accusation contestée devant les tribunaux. Le PDG a mis en avant Canberra comme une alternative de gouvernance éthique, une vitrine pour ses engagements internationaux.
En parallèle, le plan australien annonce que l’IA pourrait contribuer jusqu’à 600 milliards de dollars au PIB d’ici 2030, tout en formant un institut national de sécurité de l’IA. Avec ce protocole, l’Australie ajoute une nouvelle coopération globale à celles déjà signées avec le Canada, l’Union européenne et le Royaume-Uni.
Sources : The Australian, news.com.au, National AI Plan, B&T.

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